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Près d'un mois après la fin de la course, j'amorce ce compte rendu. Non pas que je sois déçu par la course ou le résultat, je ne pouvais pas faire beaucoup mieux compte tenu de mes déboires, mais j'ai un sentiment d'inachevé, je crois bien que je vais y revenir une dernière fois, peut être en 2016. 

Cette année je termine à la 348ième place, bien loin de mes deux précédentes participations.

La cause bien sur due à ma tendinite, j'en ai déjà longuement parlé, mais également à mes chaussures, en particulier au velcro cousu sur le pourtour qui a déformé la structure de la chaussure, le cordonnier ayant certainement trop tiré sur le velcro lors de la pose . Je n'ai plus de problèmes avec mes chaussures à ce jour ayant retiré ce velcro à mon retour. Mais commençons par le début.

 

3 avril 2014, jour du départ pour Paris.

Le départ du TGV est à 13h40. J'ai toujours un doute quant à ma paire de chaussures. A 10h, après maintes hésitations, je pars en ville chez le droguiste chercher du velcro et de la colle, après c'est trop tard, je me déciderai sur place. Le temps de rentrer et de poser la bande velcro sur  une chaussure, je pars à la gare prendre le TGV avec aux pieds mes chaussures prévues initialement pour la course.

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 Me voila donc sur Paris à la recherche de l'appartement de Clément (MDS2010) qui nous invite à passer la nuit chez lui. Je rejoins RV (MDS2010), Pascaloup et Yvan. Pas de réseau 3G sur Paris, je ne l'avais pas prévu, je n'ai l'adresse que sur un SMS, je me décide de faire cela à l'ancienne. Je demande alors mon chemin à un garçon de café, "derrière 2ième à gauche" me dit-il, avec la condescendance du parisien (un peu cliché, mais c'est un peu cela) qui  s'addresse au provincial que je suis avec mes baskets et mon sac à dos. Je n'iniste pas, mais me trouvant à un croisement, j'ai deux possibilités, et bien sur je prends la mauvaise. Re-demandant mon chemin 10mn plus tard, je tombe alors sur un jeune sympa (parisien de fraiche date?) qui m'oriente correctement.  Au bout d'une centaine de mètres, je sens un début d'ampoules à l'arrière du pied, Pas d'hésitation, je continue en chaussettes en me disant que j'avais eu le bon réflexe au dernier moment en me rendant chez le droguiste.


Chez Clément je termine ma 2ième chaussure (compter 1h/chaussure) en espérant que cela va tenir, au moins quelques temps.

Très sympa, Clément ouvre une bouteille de Champagne qu'il avait au frais, c'est mon anniversaire!!

 Nous dînons dans un restaurant tout proche, un dernier steack tartare

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, et le 4 avril lever 4h00 pour nous rendre à Orly.

4 avril 2014, destination MAROC et le campement

Je retrouve à l'aéroport tous mes compagnons d'aventure Albert, et Jérôme (MDS2008/2010), Jean-Michel et Philippe (MDS2010) et leur frère Julien, Renaud (MDS2010) et 110(Sandy), ainsi qu'Aziz 

Grace à Philippe, pilote chez Air France, je fais l'aterrissage dans la cabine de pilotage, 

Vue de Ouarzazate depuis la cabine de pilotage

Aeroport de Ouarzazatz

Pause déjeuner

Première nuit sous la tente

C'est beaucoup moins stressant que lorsque l'on est simple passager. La piste est un peu courte, un bon coup de frein et nous voila arrivés.

Dans le bus, on nous distribue le déjeuner et le roadbook.

 

 

 

 

 

 

 

5 avril 2014 Jour de contrôle 

Journée tranquille à préparer l'équipement qui nous accompagnera les 6j. Par rapport à 2010, la dernière journée est une journée solidarité, en fait il n'y aura que 5 jours de course véritables (et pour moi cela sera suffisant).

Mon sac est un peu lourd, plus de 8,5kg. Il faut dire que j'emporte de quoi soigner mes dent (+400gr), des produits énergétiques superflus et qques soins pour ma tendinite. En revisant mon alimentation, je m'allège d'environ 0,5kg.

 

Au petit déjeuner avant contrôle

Des protections aux épaules

En tenue de combat

En fin de soirée, je suis un peu tendu, ma tendinite et mes chaussures me questionnent. Je pars avec des Brooks Cascadia, quasi neuves, je n'ai marché qu'une ou deux journées en allant au travail, mais je me sens comme dans des chaussons (et cela ira très bien).

J'essaie tant bien que mal de consolider mes chaussures avec le reste de colle. En y repensant, j'aurai pu rajouter qques points de couture, cela les aurait certainement renforcées. Les médecins me déconseillent de prendre des antinflammatoires à cause des problèmes de reins que cela peut engendrer avec la chaleur et la dé-hydratation. En fait, je n'ai du tout eu à me plaindre de mon tendon. Les bâtons m'ont bien soulagé dans les zones sableuses et les montées, mais je pense que sur le plat j'avançais moins vite. En tout cas, sans les bâtons, je ne sais pas si j'aurai pu aller au bout. Sur la course, peu de coureurs ont des bâtons, et sauf si vous êtes diminués, pas trop bien préparé ou simplement si vous désirez participer et terminer cette épreuve, je conseille d'en prendre. Autrement, sauf si on est vraiment habitué, à mon avis, cela ralentit la course.

 

6 avril 2014 - Etape 1 - Ouest Erg Chebbi / Erg Znaigui - 34 Km

C'est le même parcours que 2008, ou quasiment le même. Une très belle étape.On commence par 2km de plat avant de faire 8km de dunes, puis du chemin jusuqu'à 2km de l'arrivée. Je me réserve un peu pour le final qui sera bien plus facile qu'en 2008. Les  2km de dunes sur la fin du parcours sont  sans difficultés, alors qu'en 2008, les dunes étaient très très marquées (d'après mes souvenirs).

Je termine assez satisfait, en 285 positions, j'aurai préféré faire un peu mieux, mais bon, je n 'ai pas mal aux pieds, pas d'ampoules, mes guêtres un peu malmenées ont tenu le coup. Par contre, un mal aux épaules sur la fin de course assez prononcé. Le sac et les bâtons le tout associé, Aïe! Aïe! 
Par contre, pas moyen d'accélerer sur la fin, ce qui d'habitude était mon point fort. Je me dis qu'il va falloir composé avec.

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Je consacre le soir à faire de la couture, ayant déchiré du velvro en retirant ma chaussure, je regrette de ne pas avoir un dé à coudre. Une tout petite ampoule à soigner, au deuxième orteil, rien de bien méchant.

Alors que je supporte d'habitude bien la chaleur, je suis un peu incommodé. Même la nuit d'ordinaire assez fraîche est très supportable. Je ne me couvre vraiment qu'au petit matin ayant retiré durant la nuit mes vêtements "genre première couche" que j'avais mis sous ma combi de peintre (un truc super); 2 jours plus tard, je me débarrasse de ces vêtements achetés pour le MDS 2008 et qui on fait leur temps.

La chaleur et une hydrométrie élevées seront les caractéristiques de cette édition, et sur certains tronçons,  bien que faisant très attention à mon hydratation, je me suis trouvé presqu'à court, alors que sur les éditions précédentes, j'arrivais avec près d'1/2 litres au CP (j'allais plus vite aussi).

Je termine 291ième.

7 avril - Etape 2 -  Erg Znaigui / Oued Moungarf - 41 km

Etape que j'ai trouvée plutôt longue, un peu monotone, sans trop de dénivelé, de long chemins avec un paysage, malgré les 41km, peu varié. Je pense que sur cette partie, les bâtons m'ont ralenti, mais par crainte de voir ressurgir ma tendinite, j'ai couru en m'appuyant dessus. C'est une des journée où j'ai eu le plus mal aux épaules. J'ai le sentiment que la marche accentue la douleur, d'autres concurrents m'ont en fait la remarque. Heureusement que j'avais pris mon ipad nano pour la musique, cela m'a aidé à supporter cette douleur.

Puis je me motivais également en appréciant le moment présent et cette chance que j'avais de me trouver à cet endroit. J'ai essayé de gérer tant bien que mal cette étape, celle dont j'ai le moins de souvenir.

Je termine 330ième.

 

 8 avril - Etape 3 - Oued Moungarf/ Ba Hallou - 37km

Je reprends mon récit que j'avais abandonné (Sept 2014)

Ma meilleure étape je crois.

98 LAMBERT       CP1 371 01:36:23 CP2 284   03:42:55 CP3 253   05:08:07 Arrivée 246 15:30:52    

 De 371 au premier CP1, j'arrive en 246ième à l'arrivée. 

Une belle remontée et de bonnes sensations, surtout sur le dernier tronçon. 
Assez chaud ce jour-la, dans les 36C° et de bonnes sensations tout le long. Je me souviens surtout du dernier tronçon que j'ai fait en alternant course/marche; Dès que je voyais un concurrent marcher devant moi, je courais jusqu'à le rattraper, un peu de repos, puis je repartais. J'ai terminé en marche très rapide, puis en course soutenue le dernier km. Une étape vraiment de plaisir. Quand tout va bien du vrai bonheur.

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Etp3 - La forme

 

Etap3 - Le dernier CP

Sol typique de ce MDS 2014, sans guêtre une galère

 

 

 

 

 

 

 

 

09/04/2014 : Ba Hallou / Rich Merzoug - 81,5 km

 Etape la plus longue, à bien négocier. En fait c'est le même parcours que 2008 que j'avais terminé à l'arrache(Classement 103ième).

Lee mont Oftal après le premier CP. Il faut mieux le prendre au début, car en fin de course comme en 2010, vraiment très, très dur. Attention pour le trailers, la montée n'est pas très longue mais très cassante, avec des appuis fuyant. La descente par contre, du vrai plaisir pour ceux qui aiment descendre. J'ai doublé un nombre uncalculable de personnes sur cette petite descente de cours asséché fait de pierres plates et rochers. On peut foncer si on a un peu le pied marin.

Donc pas de prise de risque je suis mon bien, mes guêtres sont à la limite de la rupture (en fait plus de guêtre pied droit de le premier CP).

Départ à 10h00, toujours chaud et anormalement lourd.

Je pars très lentement compte tenu du parcours, et je ne me sens pas trop en forme, cela part assez vite. Le premier CP est au pied de la montée, je vais pouvoir rattraper du monde. Après le CP cela monte progressivement et bien vite c'est la file indienne, presque à perte de vue.

CP1 Classement 513 après 1:37 h de course

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La montée se passe s'en encombre, j'ai hésité un moment à déborder sur la sable (en première partie, il y a un grand pan de sable, mais ne sachant pas sa dureté, je suis resté sagement dans la file.

Cela bouchonne un peu, il faut être patient, surtout que je monte plutôt bien. La partie la plus exposée, il n'y a pas de risque, une corde est la pour assurée, et en contre bas une grande pente sablée, on aurait presqu'envie de se laisser tomber.

Je fonce dans la descente et cela se passe plutôt bien.

J'ai de bonnes sensations. 

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Après la descente c'est une longue ligne droite plutôt roulante jusqu'au CP2, et je me laisse un peu entraîner, il est vrai que je me sens vraiment bien, et je ne force pas.

Au loin, dans la faille le CP2

 

CP 2 Classement 401 après 3h45 de course

A partir de là tout se complique, jusqu'au CP5, je m'accroche. Je n'ai plus vraiment de force et je sens le sable envahir mes chaussures. Et du sable il y en a cette année. Les chaussures sont lourdes, le sac me pèse. Entre le CP2 et CP3, il faut bien gérer son eau car nous n'avons qu'une bouteille d'eau sur l'un des CP et bcp se sont fait avoir. Il faut faire un petit calcul de tête et évaluer son tps de course approximatif entre les CPs. pour l'eau pas de pb, mais je suis vraiment en souffrance. Marco Olmo me passe à la mi-course (66ans le gaillard, parti 3 h après moi). En 2010, j'étais arrivé avant lui sir lm'étape longue (mais lui tjs parti 3h après moi). Après l'autre petite difficulté du jour et une descente dans le sable, je m'arrête pour sortir le sable de mes chaussures. Peine perdu, 500m après c'est le même calvaire. Je ne sais pas combien mes gaudios pèsent en plus mais c'est significatif.

CP3 414 pour 5h45 de course

Je peine jusqu'au CP4

CP4 485 pour 8h 46 de course

La, je me repose, difficile de trouver de l'ombre, toutes les tentes sont occupées. Je m'isole en retrait à l'arrière d'une tente et prends la décision de récupérer. Je prends vraiment mon temps, peut être une demi-heure, le temps passe vite, je ne sais pas trop et vois du monde passer, passer. Derrière moi, j'entends du bruit et je retourne, une concurrente se soulage d'une envie pressante à qques pas, on est tous un peu à l'essentiel et à l'economie.

Je termine mes noix de cajous, me réhydrate bien, et je ressent un peu moins cette chaleur. Mes pieds tiennent le coup, je ne suis pas encore attaqué par le sable.

Et je repars. (i l me restera encore autant de temps de course à faire).

Et petit à petit, la fraîcheur aidant je reprends des forces et je repars à une cadence soutenue. Pas questions de courir, le terrain sablonneux, mes chaussures très lourdes auraient vite fait de m'epuiser. (un ami suiveur du blog, Didier, vigneron de son état) m'a dit qu'il avait fait tout le parcours en marchant très vite, et il a terminé dans les 100 premiers, ce que je crois volontiers. En 2008 j'ai terminé 103ième la grande étape  avec deux catalans barcelonnais qui ont fait tout le MDS en marchant et qui m'on rattrapé sur le dernier tronçon.

Je reprends bcp de monde, sur cette portion, la majorité des coureurs sont dans ces temps de course.

CP5 441 en 11h48 de course

Je ne m'arrête plus, je me sens bien en jambes mais mes pieds commencent par me faire souffrir. Une douleur tout à fait supportable, je sens les boules de sables agglutinées au coin avant et arrière, mais je crains les infections.

La nuit tombe tout doucement, je ne reconnais plus trop le parcours et m'enfonce dans la nuit. 

CP6 389 en 14h00 de course

 

Le coucher de soleil sur la course

Je croise notre médecin favori, (son nom me reviendra aussi), je ne la reconnais pas tout de suite, je sui sur la course et certainement pas très beau à voir. après qques mots encourageants et toujours sympathiques d'avoir une jolie fille qui vous aborde avec un grand sourire dans ces moments compliquée, je repars de plus belle et fait un point d'honneur à ne pas me faire dépasser (sauf par un coureur, mais il n'y en a pas à ce niveau de classement et je marche très vite. Le terrain  est vraiment sablonneux, j'ai une pensée à ceux qui me suivent car il n'y a plus bcp d'endroit avec du sable dur tout a été retourné, et je maudis les 4x4 qui ont fait de grandes ornière profondes que l'on ne peut éviter.

Les bâtons m'aident vraiment à pousser sur les bras et prendre une bonne cadence.

 

 

Arrivée 346 en 16h00 de course

 

Photo sous la banderole d'arrivée des 80km

L'arrivée se fait sur un long lac desséché de plusieurs km, j'avais vraiment souffert en 2008 sur cette portion. Je termine cette fois ci bien moins fatigué.  Dommage que sur cette étape, je ne pouvais pas courir, car j'avais vraiment les jambes sur la fin, mais des chaussures bcp trop lourdes.

Je retire deux petits tas de sables de mes chaussures, mes guêtres ne servent plus à rien. J'ai les pieds en lambeau. 

 

 

 

 

Passage aux soins le lendemain matin.

 

Mes pieds en compote

 Mes pieds ne sont pas dans un bon état et je me sens vraiment ko ce jour de repos. Je ne sens pas la dernière journée de 42km qui normalement devait être rapide. La 6ième étape est une étape qui ne rentre plus dans le classement final, un peu dommage pour la course et heureusement pour moi.

Il va falloir que je gère bien cette dernière étape, étant encore assez bien classé en V3 (4ième ou 5ième).

 

En fait cette dernière étape est la pire que j'ai connue en 3 participations. 
Du sable plein les chaussures, les ampoules me faisant souffrir ainsi que  le poids du sac sur les épaules bien qu'il soit presque vide, et je n'avançais pas.

 Alors après avoir tenté pendant les premières heures de course de tenir ma cadence habituelle, je lève le pied d'autant qu'il y a des oueds interminables où j'avance avec bcp de difficultés. Un petit réconfort à l'un des CP, une accompagnatrices du MDS me reconnaît car elle avait parcouru me blog, c'est toujours sympas.

A l'arrivée, quand même, une belle médaille, de beaux souvenirs.

Je termine en définitif 348ième,  (6ième V3, OLMO 1 V3 à 66 ans termine 23ième au scratch), finalement pas si mal compte tenu de mes déboires.